LG : l'histoire de la médecine, il y a ça, puis après il y a la partie aux États-Unis. C'est les époques. On a fait l'époque en Espagne, c'est les premières. L'histoire des hôpitaux. Après il y a les hôpitaux aux États-Unis. NB : Alors là, c'est pareil, la question qu'elle pose, mais à laquelle vous avez répondu, donc elle dit « le documentaire n'est pas uniquement sur la semaine sainte, mais sur l'Espagne rurale et sous-développée, est-ce que c'est à cause de votre deuxième voyage à Bercianos, ou est-ce que vous avez pu les filmer en travaillant ? » Donc en fait, vous avez filmé uniquement la première fois. PG : On a filmé la première fois, pour le tournage de Sophie, que la première fois, la semaine. Quand on a filmé l'ère de bâtage, c'était l'année suivante, non, c'était le printemps suivant. Non, je ne sais pas, je ne sais plus. NB : Donc vous avez filmé deux fois. PG : Parce que le bâtage a été filmé, j'ai filmé tout seul, mais c'est la deuxième année. NB : La deuxième année, ce que vous avez filmé, ce n'est pas dans le film ? LG : non PG : Ce n'est pas dans le film, non, tant pis, je ne pouvais pas, le film était fini. LG : C'était déjà fait. PG : Par contre, moi ce que je pensais faire après, c'était dans le dernier projet, de réutiliser des choses des tournages d'avant. Ce qui disait qu'on pouvait, le fait de... La recherche, c'était, on a vu des gens à une certaine époque dans leur vie, et on retourne après, et on voit ce qu'ils sont devenus. LG : Dix ans après, ça, NB : ça n'a pas pu être fait. LG : Par contre, il y a tous les documents, c'est ce qui est dommage, tous les documents. NB : Quels documents ? PG : il y a des documents tournés, mais que je n'ai pas utilisés. LG : Tournés NB : Ah, donc vous avez tourné… PG : Si vous voulez… la deuxième... NB : Parce que là LG : à Barcelone, notamment, PG : voilà, il y a double tournée. La deuxième année. NB : Oui, donc là… PG : Ces choses. NB : Attendez, je vais regarder, moi j'avais souligné aussi. Donc le film où il devait y avoir, en fait le film du retour, vous ne l'avez pas fait, mais vous avez quand même tourné des choses. PG : La deuxième année, il y a eu Camuñas, qui a été fait à Montier. NB : Oui. PG : Et j'ai tourné, moi alors seul, j'ai tourné des éléments qui devaient venir dans un film qui s'intitulait provisoirement à l'époque « Campo y Ciudades ». NB : « Campo y Ciudades ». PG : Voilà. Et ça s'est transformé par la suite, quand j'ai pu, quand il y a eu cette histoire de possibilité d'écrire un chose sur un documentaire où on avait une bourse qui permettait quand même d'aller sur les lieux, qui était « J'ai rencontré en Espagne... ces gens du peuple que j'ai rencontrés en Espagne... que nous avons rencontrés en Espagne ». NB : Et ça, du coup, il y a un texte de 200 pages. PG : Oui, quelque une chose comme ça. NB : Mais c'est quoi ce texte ? PG : J'irai vous le chercher, si vous voulez. NB : Oui. PG : Je vous le prêterai, mais il est unique. Ah ben, c'est le déroulement du film tel que je le pensais. NB : Et ce que vous en avez envoyé, c'est… PG : Je vous ai envoyé… NB : Ce n'est pas 200 pages. PG : J'ai envoyé un projet pour pouvoir faire le travail. NB : D'accord, oui. OK. Ben oui, ça m'intéresse de voir le… PG : Oui, oui, c'est là où vous ... LG : C'est tous les gens qu'on a rencontrés à Barcelone, de cette époque du franquisme, PG : on les a retrouvés LG : et dix ans après PG : On a retrouvé des gens. LG : une bonne partie des retrouvés, et à travers Barcelone et ailleurs. Ce qu'ils étaient devenus. NB : Et donc, le texte, c'est comme le projet, c'est-à-dire, c'est hier et aujourd'hui ? LG : Voilà. C'est ça. PG : Et maintenant, c'est… LG : C'est ce qu'on aurait voulu faire NB : ce que vous n'avez pas pu faire. PG : Les gens sont morts. NB : Oui. Et donc… PG : Ah oui, c'est des… Les gens, on l'a senti, des gens… Celui qu'on avait rencontré à Barcelone… LG : Qui était élève. PG : Qui s'appelait… LG : Qui faisait informatique. PG : Au Poum, pendant la guerre civile, et qui s'était expatrié en Amérique latine. Et après, quand il y avait eu une chose… Il avait eu une possibilité, à un moment Franco aurait permis... il avait pu revenir en Espagne. La dernière fois qu'on est allé en Espagne, il était mort. LG : On a pu voir sa femme, discuter avec sa femme. PG : On avait vu sa femme. D'ailleurs, il se demandait toujours… Les gens… C'est ça qu'il y a que… Ils ont… Qu'est-ce qu'ils seront devenus, ces Français, qui étaient toujours avec une petite fille ? Parce que ça, c'était… LG : Ça nous permettait de filmer un peu partout. NB : Ben oui, parce qu'avec la petite fille, ça… LG : Ça passait. Parce qu'on est allé filmer dans des endroits, c'était remarquable PG : Ah ben, c'est… Quand on a été filmer dans les bidonvilles de Barcelone… LG : Barcelone. PG : Notre ami de l'époque à Barcelone, qui est toujours notre ami, Manuel Rios… LG : Qui était curé à l'époque. PG : Oui. Excusez-moi, décidément, et qui, après, s'est défroqué. Il nous avait dit, s'il y a des problèmes, parce que tu es en train de tourner avec ta caméra, là, ça se voyait moins qu'une caméra comme ça, ça se voit moins qu'une caméra comme ça. Il me dit… On dit que c'est l'enfant qu'on essaie, pendant les vacances, enfin, bon, une chose à la mord-moi le noeud comme on dit. Et puis, on n'a jamais été embêté. Jamais on m'a dit quoi que ce soit quand je tournais avec la caméra. Mais j'aurais pu me faire harponner. NB : Et ça, c'est ce que vous avez tourné à Barcelone. PG : Moi, j'ai ici les positifs de ça. Le négatif a été déposé au laboratoire Éclair quand je suis rentré de Madrid. Parce que je vous avouerai que quand je suis rentré de Madrid, ayant les éléments pour Camuñas et celui-là, j'ai tout… Je dépose tout dans un laboratoire. Et automatiquement, bon, c'est au nom de la Casa de Velázquez, je ne peux pas faire autrement. Surtout quand après, il faut finir et puis qu'i l y a des additions qui… Mais moi, j'ai les positifs. Alors, il y a beaucoup de choses qui sont dégueulasses. Je le conçois. Mais il y a des choses qui sont encore utilisables. Ma femme, d'ailleurs, en sortant de la projection, a dit… Ce qu'on sent, quand tu lui as filmé, que c'est plus sensible que ce que font les autres ? Ah ben, j'ai dit, c'est bien. LG : Il a été très doué par ...???... (7min15) PG : Non, il y a peut-être plus de participation de… Je ne sais pas. LG : De grand sens. NB : Alors, avant de vous… PG : Parce que je suis bavard. NB : ... de vous quitter et de vous laisser vous reposer. PG : Non, mais… NB : Je vais juste regarder, là, dans mon document à moi. J'avais surligné des choses sur l'interview. Voilà, donc ça, vous y avez répondu. Ça aussi. Ça aussi. Julio Caro Baroja. PG : On l'a vu une fois. NB : Une fois. PG : Je l'ai vu avec Jacques Lacroix. On était allés le voir chez lui. Il habitait derrière le Grand Jardin. LG : On a lu tout ses livres. PG : Il était très gentil. D'ailleurs, j'ai toujours une lettre de lui. Comme je garde tout, j'ai gardé la lettre. Mais il était trop… Lui, c'est vraiment le Pays Basque. NB : Alors, après… Là, vous avez répondu. PG : Les relations avec le cinéma espagnol, quasiment pas. Sauf au moment du festival. Où vraiment, alors là, c'était… On sentait que… Bon, ben, il y a des moments… Dans les pays, pour arriver à faire quelque chose, il faut pleurer, il faut rendre hommage un peu aux gouvernants, quoi. Nous, il y avait un film qui avait été fait par un jeune réalisateur. Bon, le film, ce n'était pas… Il fallait, pour que ce film sorte, qu'il ait au moins une récompense à un festival. Alors, comme il y avait un Allemand, il y avait… Il y avait des choses de… Le polonais, là. LG : Oui, très célèbre. PG : Un jeune, il était jeune à l'époque. Bon, il y avait moi, il y avait d'autres. On avait dit, d'accord, le… Il y avait des choses. Déjà, on commence à nous soumettre le… Comment s'appelle-t-il ? Ah, l'auteur des Vitelloni. NB : Oui... PG : Ah, d'un seul coup, j'ai… Pourtant… NB : Fellini ? PG : Hein ? NB : Fellini. Oui, Alors, le jury, qu'est-ce qu'il a ? Il a dit Fellini. On ne peut que lui donner un chose d'honneur. On ne peut pas. C'est vrai. Nous, pauvres petits serviteurs du cinéma, on va juger Fellini. Non. Alors, on a donné la… Je ne sais plus ce que c'était. Le chose d'or à Fellini. NB : Vous n'avez jamais rencontré Buñuel ? PG : Jamais. LG : Moi, si. PG : Ah, ben oui, avant. LG : Moi, oui. Eh oui, à Paris, dans un café. Toujours où il allait, à Montparnasse. NB : Alors, euh… LG : Moi, je l'ai rencontré… Qui on avait rencontré, c'est Saura PG : Parce que Buñuel, j'avais à une époque, la manie de confronter les gens avec leur passé. J'aurais aimé faire avec Buñuel, mais ça aurait pas... Je ne pense pas qu'il ait marché. Parce qu'ils sont trop sollicités. Mais de revenir à Las Hurdes, avec lui. Et voir ce que… LG : Ah, ça, ça aurait été passionnant. PG : C'est vrai qu'il y a eu… Il y a des choses avec lui qui étaient extraordinaires à faire. LG : Il était âgé. Il était très âgé. NB : Ben oui, il est mort en 83. PG : Il n'a pas toujours été servi. LG : À la fin. PG : Moi, je préfère toute ça période espagnole. Enfin… LG : Et sud-américaine. PG : Au sud, mexicaine. LG : Mexicaine. NB : Je regarde. Tout ça, on a abordé. L'ascension, on a abordé. Je crois qu'on a un peu fait le tour. Voilà. Le retour avec le gendre qui travaillait en Allemagne et qui ne voulait pas être filmé. Ça, c'est… Non. Moi, j'ai… Alors, transfert de… Ah oui. Le négatif de Camuñas. PG : Ah oui, ça, c'est là... NB : Le transfert de ce négatif n'a pu être opéré. Chevalier ne vous en parle plus. PG : Ça, c'est là. Pour l'instant, tout est noir. NB : C'est bizarre. Oui. LG : Le problème, est là. Celui qu'il a, il est abîmé, mais il peut être arrangé. PG : Voilà. La copie LG : Maintenant, il peut être arrangé. Donc, il peut exister. Il peut être… Il suffit de le… Il peut être arrangé. NB : C'est la seule copie, en fait. PG : C'est la seule copie. Oui. Sauf s'il y en avait une autre au laboratoire, je ne sais pas. Théoriquement, quand il y a un film, il y a la copie zéro. NB : Oui. PG : Et la zéro, c'est la zéro. Donc, ce n'est pas la une. NB : Oui. PG : Moi, j'ai la copie une. NB : Oui. PG : Alors, la copie zéro et le négatif, la boîte, enfin, l'organisme français de… de nationalité française et de choses de l'État, enfin, de la télé française n'existent plus. Qui a produit ça. Je ne suis pas arrivé à trouver des racines. LG : Où sont ces films ? Où c'est ? NB : Et vous avez cherché ? PG : J'ai cherché et j'ai… LG : D'ici, ce n'est pas très facile. PG : Là, il faut que je recontacte quelqu'un à qui j'ai demandé, qui s'adresse à quelqu'un d'autre, parce que… LG : Des anciens de l'INA. NB : Oui. PG : Et normalement sauf s'ils les ont foutus à la poubelle, ça doit être quelque part. Parce que c'était dans les années 76, 77, ça. Oui. Puisqu'on a achevé le film, la copie de… enfin, la copie des… le tirage de la copie a été fait début 77 au laboratoire. Et donc, à partir… à cette époque-là, on jetait plus les films, on les gardait et on savait… On ne savait pas, on gardait tout. Tout le monde n'est pas comme le directeur de la Cinémathèque française qui gardait tout. Même les mauvais films, on disait. Parce qu'on ne sait jamais. Ça peut être utile pour… Pourquoi ? Pour voir comment on faisait du cinéma à une époque. Et c'est vrai. Et puis, on se dit, nous, quand on était jeunes, « Ah bon, il n'y a que ceci, il n'y a que ceci. » Quand on voit certains vieux films, on se dit, ceux-là, bon, ceux qui étaient montés en épingle. Et puis, on trouve des choses, des petites perles dans des tournages. Puis, il y en a qui étaient beaucoup plus modestes. NB : Et Bercianos, vous avez une copie ? PG : De ? NB : Bercianos de Aliste. PG : Ah, Bercianos, oui, j'ai une copie. J'ai une copie. 16. Eh bien, oui, il est en 16. Parce que je pensais à d'autres, mais ce n'est pas ce qu'il y a. Bercianos, j'ai une copie, oui. NB : Elle est de bonne qualité ? PG : Elle doit être de la même qualité que celle que vous avez. Ca a été fait en même temps. NB : Oui, oui, oui, qui a viré. LG : Elle n'a pas servi, elle n'a pas été abîmée. PG : Ça peut être... Alors, lui, le négatif, il est chez Éclair. Éclair n'existe plus non plus. Qu'est-ce qu'ils ont fait des négatifs au lieu de... Le seul endroit, la seule chose qu'on sait pour les films, c'est les films qui étaient pour la production et la sortie en salle, qu'ils soient en 16 ou en 35, qui ont eu un visa de censure. Alors, le CNC sait où est le négatif, c'est tout. Quand je suis arrivé au CNC par le téléphone, la femme, elle m'a dit « Moi, je ne peux rien vous dire. Votre film, il n'a pas de visa de censure. Il n'a pas été... » Ben oui, il y en a beaucoup qui ont dû être faits comme ça. NB : Voilà, et puis, bon, Campo et Ciudad, ce serait super. Est-ce que le film a pu être fait ? Ben, du coup, voilà, moi, j'ai fait le tour. PG : Oui, c'est bien. NB : J'ai fait le tour des questions. LG : Est-ce que vous voulez boire quelque chose ? NB : Ben, ce qu'il y a, c'est qu'on a rendez-vous pour dîner chez des amis à Portet-sur-Garonne. LG : C'est où ? NB : Portet-sur-Garonne, Villeneuve-Tolosane. Ah ben oui, vous êtes dans du coin. À côté de Toulouse. C'est à peu près à 45 kilomètres.