NB : C'était aussi le cas à mon époque. Moi j'ai été membre de la Casa en 93 et c'est vrai que beaucoup d'artistes restaient dans leurs ateliers en fait. Ils ne parlaient pas espagnol et quand ils sortaient, ils sortaient entre eux. PG : Voilà, vous voyez, c'était ça. Les gais lurons allaient traîner, ils étaient heureux d'aller traîner, mais c'était pas... Nous la première année, alors comme on n'avait pas de véhicule, on a été un peu sevrés, on en a loué, puis la Casa... Pour le tournage, j'ai pu avoir une Ami6, la Casa avait une Ami6, ils avaient donné quand même l'autorisation que je puisse l'utiliser pour aller jusqu'à Barcianos. Les deux étudiants avaient un véhicule. Alors, comme je disais, on a été obligés de louer le matériel et tout. NB : Et il y avait des repas en commun, c'était... PG : Nous, on n'était pas trop au courant, du coup, parce que c'est vrai, on était un peu extérieur, on n'était pas trop au courant. LG : Et vous, ce qui était affiché, ce n'était pas pour le pape, mais lui, c'est lui, Antonio Pellario, c'est lui, ce jésuite qui nous a fait connaître les maires et tout, tu vois. Et c'est lui qui travaille, qui travaille avec le maire, qui s'occupe de ses voyages, du pape, il s'occupe des voyages du pape. Et c'est quelqu'un qui connaît sept langues, enfin, on est toujours amis. C'est lui qui nous a envoyé sa photo, cette photo. Vous avez regardé avant, avant sa mort, la mort du pape, c'est lui qui nous l'a envoyé. Donc ça date de cette époque. PG : Il connaissait des papes LG : C'est à vie. En Italie, il y avait des gens de ce niveau PG : Il s'occupait de festivals en Espagne, il s'occupait du festival de... LG : Valladolid PG : Valladolid LG : Il était à la tête du festival de Valladolid. Donc, il a assisté, il faisait partie du festival de Valladolid. NB : Le jury, oui. PG : Ah oui, non. On avait très sympathisé. J'avais fait partie du jury à Valladolid, qui était intéressant, d'ailleurs. LG : Très intéressant. PG : De voir comment ça se passait. LG : Des gens, à cette époque, qui étaient invités, avaient des films qu'il pouvait passer et tout. On était au courant de tout. Les difficultés qu'il avait, d'ailleurs. Avec le franquisme et tout. PG : Et le film de l'année suivante, normalement, Camuñas, il avait été fini en temps et heure. Il a été invité à Saint-Sébastien. Mais bon, quand il n'était pas terminé, on n'a pas pu le... NB : Et du coup, Camuñas, vous avez filmé dans les mêmes conditions ? Avec les mêmes sur place... LG : à quatre, toujours à quatre. PG : Mais pas tout à fait de la même façon. LG : Non, ça a été plus... On avait vu la fête, c'est ce que j'ai fait, c'est ce que j'ai écrit, on avait vu la fête l'année d'avant. Et on s'était enquis de ce que c'était et tout. Donc, on était au courant de comment ça se déroulait. Mais le problème, c'est la chose où ça commence et puis ça... Hop, ça va très, très, très vite, ce genre de choses. Et on n'avait qu'une caméra. Il aurait fallu qu'on ait une deuxième caméra parce que ça aurait été... Et la chose passait, et puis comme ça se déroulait dans le village de Camuñas, c'est quasiment plein, Camuñas, dans la Mancha, un coin de rue, ça allait dans une autre rue. Donc, j'étais un peu surmonté par les événements de la réalité. Et les relations, ce n'est pas la même mentalité. La Mancha, ils sont peut-être plus expansifs, mais à Bercianos, ils ne sont pas expansifs, mais ils sont plus profonds. Bercianos, on sent des gens vraiment insérés dans la terre. C'est... LG : Disons que notre film est beaucoup plus... En tout cas, on s'est moins intéressé aux gens. C'est moins sociologique. C'est la fête, au moins, c'est tout. PG : Et puis en plus, c'est une fête, alors c'est... Il y a beaucoup de gens de Madrid. C'est comme ça qu'on a, dans certaines fêtes où on était allés aussi, qu'on voit, il y a beaucoup de gens qui viennent de Madrid, c'est une occasion de sortir et tout. Et ça perturbe un peu les gens. LG : C'est la Manche, c'est le parti vers la Manche. NB : Je vais regarder les questions que... Alors, je revois les questions... Ah oui, la première impression en arrivant à la Casa, quand vous êtes arrivés, la première impression, par l'un et l'autre d'ailleurs, vous avez un souvenir ? LG : Ça a été dur, puisqu'on ne pouvait pas y dormir. On a été à la rue directement. PG : Mais on le savait ! LG : Elle avait 8 mois, ma fille. PG : On savait qu'on n'était pas... LG : C'était très, très difficile. Et puis on est tombés au moment où il y avait une chose médicale, PG : un congrès médical. LG : Il n'y avait aucun hôtel. PG : Tous les hôtels étaient... LG : On n'avait pas de place. NB : Oui, donc c'était une arrivée un peu... PG : On est arrivés avec un vrai bagage, avec un bébé. LG : Et on n'avait pas pu arriver plus tôt, parce que mon mari travaillait, et là, il travaillait avec Féraud... PG : Et alors... NB : Marc Féraud, il n'est pas venu vous voir ? PG : Non. Non, Marc Féraud... NB : Mais vous étiez en relation ? PG : On était en relation, oui. LG : On a été encore plus en relation. PG : Alors, je lui ai écrit à Marc Féraud, je lui ai dit, écoute, moi je finis fin 75, enfin, juillet 75. En octobre 75, alors, si tu connais quelqu'un qui veut... Se... Alors, il a trouvé quelqu'un, je ne sais pas ce que la personne a valu, jusqu'à quel point elle est allée. NB : Pour se présenter ? PG : Oui, elle s'est présentée, elle y est allée. Mais je ne sais pas si... NB : Ah, ben, c'est... La deuxième, c'est... Elle s'appelle Sylvia Zad-Routier. PG : Peut-être, je ne sais pas, je ne sais pas. NB : C'est la deuxième cinéaste. PG : La deuxième, ben oui, ben... NB : Qui est arrivée un petit peu plus tard, elle est arrivée... Pas tout de suite après. LG : Oui, parce qu'on ne les connaît pas. Après, les cinéastes qu'il y a eu, nous, on ne les connaît pas. NB : Non, parce qu'il n'y en avait pas tous les ans, en fait. LG : Non, il n'y en avait pas tous les ans, c'est... Et on ne sait pas du tout les noms qu'il y a eu, ce qu'ils ont fait. NB : Voilà. Ben, si, elle est arrivée en 75, 75, 76, Anne Sicard. PG : Anne Sicard, c'est celle-là. NB : Vous l'avez connue PG : On l'a connue, je ne sais plus où est-ce qu'on l'a vue. Mais bon... LG : On a mangé ensemble et tout PG : Mais je ne sais plus, parce que je m'étais dit, bon, c'est comme ça, c'est le sort, c'est comme ça. Moi, je n'avais pas de personne à pistonner ou à dire quoi que ce soit. Je pense que c'est... NB : Et donc, c'est elle qui est arrivée par Marc Féraud ? PG : Je pense que c'était elle... Enfin, elle est... Oui, c'est elle qui a été contactée par Marc Féraud, qui a dû lui dire, écoute, si tu veux te présenter à la Casa de Velasquez, il y a des choses, c'est tout. Mais je ne pense pas... Je ne pense pas qu'il y ait eu de... Que Marc Féraud ait été intrigué, entre guillemets, mais je ne crois pas. Ce n'est pas son genre. NB : Oui. Alors, là, je regarde la question. Est-ce que vous aviez des contacts avec le personnel de la Casa ? PG : Oui, dès l'arrivée. Alors, c'est ça. Je voulais vous dire, quand on est arrivés, il y avait deux personnes habillées en uniforme gris dans la loge à droite. C'est grâce à eux qu'on a dormi la nuit. Ils se sont décarcassés et ils sont arrivés à trouver sur la... LG : la Gran Via PG : La chose de... qui portait un autre nom à l'époque. Ils ont trouvé une pension de famille tenue par des vieilles filles, je ne sais pas quoi. LG : sous les toits PG : C'était assez hallucinant. Mais bon, ça permettait d'habiter. Et on y a vécu... LG : Des pièces sous les toits. PG : Alors, on y a vécu deux ou trois nuits. Et Madame... NB : Chevalier ? PG : Chevalier a tout de suite dit, sachant ça, elle a dit, attendez, je vais vous trouver quelque chose, une autre qui est quand même mieux. Et c'était à côté des... de Los Ciegos. NB : Ah, la loterie ! LG : Oui. Et de là, on les entendait crier... PG : Et tous les soirs, on entendait les cannes. C'est extraordinaire ce bruit. C'était un bruit que... Si j'avais fait un film, je voulais partir avec ça. Et on y a vécu un certain temps. Puis un jour, elle nous a dit, je vous ai trouvé un appartement à Alberto Aguilera. C'est treinta y dos, je crois. LG : C'est un marché. C'était à coté du marché PG : C'était impeccable. On y est resté une année. Enfin, une année scolaire. Et les gens étaient... très gentils. Alors, le personnel, bon, ceux qu'on a connus, c'était très bien. Ils étaient très... Il n'y avait pas de problème. Je n'ai jamais eu de... Avec eux deux, d'ailleurs, je ne sais plus... NB : Luis, peut-être ? PG : Luis, il y en avait. NB : Luis, qui fumait un gros cigare ? PG : Oui. NB : Et Isidoro ? LG : Oui, moi, ça m'est... NB : Isidoro. LG : Ah oui, oui, très bien. PG : Il y avait celle qui chapotait la... le restaurant. Il y avait toute l'organisation. NB : Ce n'était pas Anna Maria ? PG : Anna Maria. NB : Une grande femme ? PG : Oui, oui, c'est ça. NB : Basque ? PG : Très... Très énergique. NB : Elle devait être jeune, à l'époque. Parce que moi, je l'ai connue quand j'y étais, dans les années 90. Anna Maria. Et... Et elle était... Bon, c'était une femme mûre, mais enfin, elle était... Enfin, ce n'était pas une femme âgée, donc j'imagine que dans les années 70, elle devait être... PG : Elle était très jeune. Sinon, il n'y a pas eu d'autres rapports. NB : Alors... LG : Le Guen, comment il s'appelait ? PG : Hein ? LG : Le Guen ? Comment il s'appelait ? Le Guen ? PG : Non. LG : Comment il s'appelait ? PG : Non, je ne parle pas de ça. Le personnel de la Casa de Velazquez. LG : Et lui, il était quoi, exactement ? PG : Le Flemme ? LG : Le flemme. PG : Ah, c'était le Flemme. Ah oui, ça, c'était... LG : Le Flemme. PG : C'était le personnel... Lui, c'était le... Il était adjoint... NB : Oui, oui, oui, oui. Secrétaire général. PG : Secrétaire général. Il doit être mort, je pense, non ? LG : Oui, il est mort. NB : Et vous aviez des relations directes avec le directeur ? Ou il était très loin ? PG : J'irais... NB : Est-ce qu'il y avait un suivi ? Est-ce qu'il y avait un... PG : À mi-distance. Si on voulait le rencontrer, je pense qu'il n'y avait pas de problème. Mais, non, je ne me battais pas pour le rencontrer. NB : Il n'y avait pas de suivi de... On vous... PG : Non, pas trop. Non, pas trop. On est allé à... Quand il a appris qu'on était à Barcelone, il est presque rentré en colère au téléphone. Il ne savait pas. Je ne sais pas pourquoi il ne le savait pas, parce qu'on l'avait averti. Pas directement. Moi, j'avertis directement les gens quand je peux les avoir, ou si je peux être en contact plus personnellement avec eux. NB : Vous étiez quand même assez libre. PG : Hein ? NB : Vous étiez assez libre. PG : Quand on quittait Madrid, non. NB : Mais à Madrid ? PG : À Madrid, oui. Mais nous, c'était... Vous résidiez à Madrid. Vous travailliez sur Madrid. Après, bon, on pouvait aller tourner un film, évidemment. On pouvait aller le faire. Mais quand on voulait avoir des... Quand on partait en voiture avec d'autres, il n'y avait pas de problème. Quand on est allé à Barcelone, ils n'étaient pas très contents de nous savoir là-bas. J'avais dit, la deuxième année, on aura un véhicule et on sera itinérants. C'est ce qu'on a fait. On a vécu. Avant Barcelone, on était installés à Sitges, parce que Barcelone, c'est une grande ville. Et pour... Pour après vivre dans une grande ville, il faut la connaître un peu de l'extérieur, quoi. Et puis, au bout d'un certain temps... LG : Non, c'était difficile. C'est parce qu'on avait eu du mal à trouver pour se loger. PG : Oui, non. Il y avait des difficultés à se loger. LG : Après, on habitait dans Barcelone. PG : Et après, on est allés dans ces fameuses maisons, ces fameuses choses où on loue un apartamiento. Bon, il n'y avait qu'une salle, mais bon, avec cuisine et tout. Et ce n'était pas... C'était sur la Meridiana. C'était impeccable. Après, à Madrid, c'était la même chose. Quand on allait à Madrid, on ne logeait pas à la Casa, puisque Rachel était avec nous. Et on logeait à côté d'Alberto Aguilera, dans la calle... je sais plus... la maison bleue qu'on appelait... C'était impeccable pour habiter, ça. Pour se loger, c'est le genre de chose où on peut passer un mois, deux mois, et où on peut passer quatre jours. NB : Alors, une des questions qui est autour de... Qu'est-ce que ça a changé dans votre vie, le séjour à la Casa ? Je vais chercher les questions de Mercedes. PG : Qu'est-ce que ça a changé dans ma vie ? LG : Tout PG : Comme tu disais... Ah oui, qu'est-ce que ça a changé dans notre vie ? LG : Ça a été la vie avec l'Espagne. Puisqu'il a travaillé après tout un temps en Espagne. Que ce soit avec Marc Féraud, c'était des tournages en Espagne. Après... PG : Ah oui, non, ça a changé ça. LG : Il n'a fait que des tournages en Espagne. PG : J'ai tout fait pour aller filmer en Espagne. Toujours. LG : Mais ça vient de là. PG : Même si ce n'était pas possible. LG : Parce que nos amitiés... PG : Mais j'avais les dieux avec moi parce que chaque fois, écoutez, je prends contact avec les éditions religieuses à la télévision, je connaissais quelqu'un qui était assez bien placé dans l'Eglise en France et il me dit « vous allez voir le père Abbé Béry qui était dominicain et qui s'occupait du jour du Seigneur de ma part et tout ». Et eux, ils se sont cru obligés de me donner du travail. Et puis en plus, ça a été, on avait des atomes crochus. Alors, la première chose qu'ils me donnent, ils me disent de faire un film sur Ignace de Loyola. LG : C'est l'espoir. PG : Rendez vous compte. J'arrive dans un lieu où il y a déjà un réalisateur qui est appointé à l'année, qui est jésuite. Alors, il était mon ami celui-là. LG : Il n'était pas content. PG : Vous ne pouvez pas savoir. C'était inimaginable ça. Alors, j'ai fait mon film, j'en ai fait deux. Un film sur Saint Ignace de Loyola et c'était... LG : un en Espagne, un en Catalogne, la vie de ... PG : Un film en Espagne. Il a fait beaucoup de choses en Espagne, je n'ai pas pu aller en Israël, c'était trop loin. Mais souvent, un film, c'est une excuse pour aller quelque part. NB : Vous avez réussi à vivre du cinéma ? LG : Tout le temps. PG : Plus ou moins NB : Ça a été votre métier en fait ? LG : Ça a été son métier aussi. NB : Vous avez vécu de… ? LG : Oui, tout le temps parce qu'il a enseigné, il a été dans une école où il enseignait les cinéastes. PG : Non, plus ou moins. Si vous voulez, le cinéma avait cet avantage. LG : Il n'a jamais fait autre chose. PG : C'est un métier de… comment ça s'appelle ? Un employeur multiple où on est des indépendants. Et il y avait une caisse de chômage extraordinaire. NB : Ah oui, oui. Intermittent du spectacle. PG : Oui, c'est ça. Intermittent du spectacle. NB : Oui, ce qui fait que si vous ne travaillez pas en continu, il y a quand même… PG : Non, mais c'est ça. Alors souvent, j'ai été astreint à aller pointer, mais ça permettait de vivre. Et puis, comme disait Laure, j'ai fait des choses parallèlement. Et j'ai fait du… pas du grand spectacle, mais j'ai fait des choses… j'ai travaillé pour un Thomson sur des films techniques. Des choses qui étaient… NB : Alimentaires. PG : Plus alimentaires qu'autre chose. LG : Pas fait grand-chose d'alimentaire. T'as fait que des choses intéressantes. Et puis, même les élèves que tu avais, il a été… il a enseigné à l'IDHEC. PG : Bon, j'ai fait quelques vacations à l'IDHEC. LG : Ah si PG : Non, c'était quand ils étaient à chose... à Bry-sur-Marne. Avant que ça ne devienne le grand INIS. LG : Ça change de nom PG : Maintenant, je ne sais pas. LG : Avant la FEMIS. PG : C'est une école qui a tous les moyens, où il y a des centaines de gens qui se présentent au concours. C'est invraisemblable. LG : Et puis après, une école de cinéma, ça a duré longtemps. Vous avez plein d'élèves qu'on fréquente toujours. NB : Ah oui, oui. LG : Oui. C'est comme le cinéma, ça a été… NB : Alors, ça c'est une question de Mercedes. Si vous connaissiez le travail de ce photographe, Rafael Sanz Lobato, sur Bercianos de Aliste et Carmona… PG : Non, je ne connais pas. Non, les questions posées, auxquelles je n'ai pas répondu la plupart du temps, c'est que je n'avais pas de réponse. NB : Est-ce que vous avez connu Cristina Garcia Rodero ? Non. Qui a fait partie de l'équipe du tournage de Bercianos ? Vous deux, et puis les deux… PG : Les deux élèves de… NB : Voilà, il n'y avait personne d'autre. PG : Il n'y avait personne d'autre, non. NB : Elle disait aussi qu'on lui a signalé une équipe de télévision espagnole qui a filmé La semaine sainte en 74, donc vous dites que c'était rien du tout. LG : Ils ont filmé la journée, pendant le tournage. Ce qui se passait à l'époque, qu'on voyait à la télé, sous le franquisme, on voyait que quelque chose des tournages, mais très peu, et jamais des gens, on ne parlait pas. NB : Oui, oui, c'était vraiment le folklore LG : Ça a été très dur de vivre à cette époque-là Nous-mêmes, quand on rend les maisons, on n'avait pas de clé. Il y avait le Sereno, il faut voir, à l'époque, qui ouvrait les clés, et qui savait tous les gens qui rentraient chez nous. C'est pour ça qu'après notre départ, comme on recevait souvent des jeunes, ils ont été surveillés après. PG : Ce qui s'est passé l'année suivante, l'appartement a été repris par un pensionnaire de la Casa de Velázquez, et au début, il était obligé d'aller pointer à la police. Parce que je pense qu'avant nous, il y avait eu dans l'appartement des Russes. Je ne sais pas s'ils étaient soviétiques ou non, parce qu'il y avait des éléments qui les faisaient penser, des livres oubliés, des choses comme ça. Des choses, j'allais dire, de la vie courante qu'on ne trouve pas à Madrid. LG : Parce qu'on recevait pas mal de jeunes qui venaient. PG : J'avais laissé, moi, la première année, en quittant l'appartement, comme on revenait par avion, que j'avais tout le matériel, j'avais ma caméra, mon magnétophone à portée, et il y avait aussi toute la pellicule que j'avais tournée. Et ça, c'est dans des boîtes métalliques. J'avais fait des paquets, et j'avais laissé toutes les boîtes métalliques, et ça, on voyait que c'était avec les opticiennes. LG : C'est pour ça que... PG : des laboratoires à Madrid, c'était pas... NB : Et ça n'a pas posé de problème de les passer... PG : En avion, non, on ne m'a rien demandé. LG : Non, à l'époque, ils n'ont pas su. C'est après qu'ils ont découvert ça, c'est pour ça que les suivants ont été surveillés. PG : Maintenant, l'histoire de la... L'autorisation de tournage. Quand on a tourné l'histoire de la médecine, c'était en 1977. Franco était mort. Et il fallait quand même une autorisation de tournage. Parce que j'avais repéré quelqu'un qu'on avait connu dans les fêtes populaires, et on s'était liés avec lui, et il était d'accord pour être assistant en Espagne, et c'est lui qui avait fait la demande de l'autorisation de tournage. On lui avait donné tous les éléments, si bien qu'il l'avait, et quand on est arrivé, pour dédouaner le matériel, on n'avait pas l'autorisation. Et lui était déjà à Pamplonne, parce qu'on allait commencer par Pamplonne. Alors il a fallu qu'on... je ne sais plus comment. On a téléphoné, il a fait venir l'autorisation, il l'a portée à l'avion, par quelqu'un qui l'a amenée jusqu'à Madrid, et on a eu l'autorisation à l'aéroport, avec l'autorisation pour dédouaner tout le matériel, on venait avec le matériel de France. Pour tourner, à part la télévision française, on a le matériel de France. C'est ça les charmes d'un tournage, vous voyez ? C'est qu'il y a des aléas, sans arrêt. LG : C'était quand même intéressant, l'histoire de la médecine, tournée dans tous les hôpitaux espagnols. PG : Ah oui, les hôpitaux... Ca c'est une expérience... LG : Parce que l'histoire est arabe. L'hôpital, c'est une invention arabe. Dans l'Espagne, à Séville, il y a des hôpitaux qui restent de l'époque. L'époque, vraiment, du monde arabe. PG : Le Chemin de Saint-Jacques. LG : Donc, filmer, ça a été un tas de films. NB : Comment on peut les voir ces films ? PG : Ça, ils sont... Normalement, ils sont à l'INA. NB : Ah oui, puisque c'était la télévision. PG : Ils sont à l'INA, c'est eux qui ont tout le matériel de tous les... LG : Mais je crois qu'à la BN, ils y sont. PG : Et à la BN, ils doivent être aussi... Alors, à la bibliothèque, je ne sais pas... LG : Tout l'histoire de Féraud, c'est à la BN. PG : Non, à la bibliothèque de la BN, il y a des enregistrements de tous les gens de l'école pratique qu'on avait fait avec Marc Féraud, là. Jean-Pierre Vernan, etc. Ça, ils sont à la BN. Ils sont consultables sur place, d'ailleurs. Mais les autres... LG : Ils sont de Médecine... PG : Les autres, c'est... LG : Thérèse d'Avila, je pense. PG : Ça reste... Thérèse d'Avila LG : C'est ceux de Féraud. Ils sont à la Médecine, oui. PG : Ils sont à la Médecine, oui. LG : Et le long des chemins de Saint-Jacques, tous les hôpitaux qu'il y a, le long des chemins de Saint-Jacques, dans le XIIe siècle, toutes ces époques. PG : Non, mais aussi, il y avait l'histoire des hôpitaux, les choses pour vieillards. C'était intéressant de tourner en Espagne parce qu'il y a encore les bonnes sœurs qui étaient dans les hôpitaux et dans les choses pour personnes âgées. Comme ça, quand on a tourné à Tolède, c'était très beau, d'ailleurs. C'était les sœurs de Saint Vincent de Paul qui s'occupaient des vieillards. Et l'office, les choses des vieillards étaient au centre de Tolède. Et ils ne voulaient pas déménager. Tant pis s'il n'y avait pas d'ascenseur parce qu'il y avait les escaliers comme les immeubles de Tolède. Vous voyez les escaliers. Les vieux préféraient être là parce qu'ils étaient... Il y avait le marché en dessous, ils entendaient... Et on voulait les mettre dans un chose moderne à l'extérieur de la ville. Et alors, le comte, c'était... LG : Et à Séville, c'était extraordinaire aussi. PG : À Séville. Un chose pour vieillards... LG : Ça n'avait pas bougé. PG : On a passé une journée avec eux. On les a tournés dans leurs activités et tout. Et le soir, ils sont tous au pied de leur lit avec une petite table, le couvert et tout. Et ils attendent qu'on vienne les servir. Et ceux qui viennent les servir, c'est les gens de la confrérie, la bonne bourgeoisie de Séville, qui vient... LG : habillés en grande tenue qui viennent, ces pauvres gens, qui viennent les servir. PG : D'ailleurs, il y avait eu un... LG : Ça fait un effet. PG : La télé française avait fait un film sur ça aussi. Je l'ai jamais vu. LG : Là, ça y est. PG : Il y avait des choses comme ça.