PG : périclite. Bien longtemps après, en 81-82, pour le film sur Sainte-Thérèse d'Avila, l'institut français voulait le projeter. J'ai dit moi il n'y a aucun problème. Vous demandez la copie au producteur. Il m'a dit oui mais... j'ai dit la projection, vous demandez à la Casa de Velázquez. Normalement elle a un projecteur double bande. Alors ils ont fait la projection. La projection a été très bien parce qu'il y avait Amosio Prada, la comédienne María Paz Ballesteros, le film a bien marché. Et il a dit mais le son était mauvais, alors j'étais malheureux pour le musicien, parce que si le son était mauvais la musique ne devait pas être très bonne. Mais oui, si personne n'est responsable d'un appareil NB : donc, du coup, nous ce serait intéressant qu'on puisse faire une projection de Barcianos. On verra avec la Cinémathèque. La copie qu'on a, peut-être, ... PG : alors si, moi j'ai fait une projection. C'est là où il faut toujours se méfier. j'ai fait deux projections. Une à Barcelone, je ne sais plus dans quel organisme, j'ai noté le chose, on pouvait avoir une projection. Ils ont fait venir des gens et tout, je ne me suis fait pas incendier mais presque, par des espagnols, des catalans, on ne dit jamais ça quand on est... "Et pourquoi vous êtes allé tourner chez nous une fête populaire". Ben je dis "Je suis allé tourner chez vous une fête populaire parce que j'ai envie de tourner une fête populaire". Non mais j'étais agressé parce que c'est pas eux qui l'avaient fait. Ca c'est pas une qualité des espagnols, souvent c'est un peu vrai LG : Ca dépend PG : c'est un peu vrai. LG : Il y a autant de variétés que de lieux PG : et alors quand je l'ai projeté à Paris alors c'était... je sais plus qui est-ce qui voulait le voir et je l'ai fait projeter et tout. Alors c'était des gars, des ethnos machin chouette, vous savez alors que les ethnos machin chouette c'est autre chose, j'avais pas suivi les règles de l'ethnographie, de tout ce qu'on veut. Non nous on était très naïfs malgré les 40 ans, naïfs et très simples. On est allé avec deux garçons et puis on a essayé de rendre compte de ce qu'on a vu et des gens qu'on a rencontrés. Alors, c'est vrai, la population était très agréable, a été très agréable. Mais c'était diffcile d'entrer dans les maisons. Pour interviewer, il a fallu sept jours pour que le gars accepte LG : pénétrer dans les maisons PG : par contre pour parler, on aurait pu en faire parler beaucoup. Mais on ne pouvait pas LG : avec les élèves, avec les enfants, les écoles PG : la boulangère, ça c'est vrai, c'était le nec plus ultra. Le curé était bien dans son rôle, l'instituteur bien dans un rôle aussi. Mais ils ont toujours été… LG : On a assisté après, dans quelles conditions c'était, les choses agraires. C'était tout ce qui était plus rudimentaire. Quand on a assisté à la moisson, l'année suivante... PG : Ah... la moisson. L'année suivante on passait par là pour aller au bord de l'Atlantique et on s'est arrêté, c'était la moisson. Il n'y avait personne au village. "Ils sont en train de battre le blé sur l'aire de battage." On est allé, c'était splendide, c'était très plat, ... LG : avec le tournage, des boeufs, dorés, PG : et il y avait tous les moyens de l'époque, LG : tous les moyens PG : du fléau au moteur, pas à vapeur, au moteur à la batteuse. La batteuse, un marchand… LG : Ça représente la vie des lieux. PG : Et là, alors aussi, la seule fois, un individu, un garçon, enfin je dis un garçon parce qu'il était quand même jeune, c'était le fils de l'alcalde. L'alcalde, quand je l'ai vu là, il ne voulait plus être filmé. Il m'a dit, non, allez filmer. Il n'était plus alcalde, allez filmer les autres. Et le fils est arrivé, il a dit, non, il ne faut pas nous filmer, on ne veut pas être filmé. Qu'est-ce que vous faites des films comme ça, pour montrer ça, comment on vit en Espagne ? Lui, il travaillait en Allemagne. NB : Et vous aviez des liens avec les autres artistes ou les chercheurs de la Casa ? PG : Les artistes, c'est selon. LG : Beaucoup si, il y en avait. PG : C'est selon. LG : On a gardé des rapports avec certains. PG : On avait gardé des rapports avec certains. LG : Il y en a 4 ou 5, 5 ou 6. PG : Le fait de la Casa, alors nous, le problème, c'est qu'on n'y habitait pas. C'est un avantage et c'est un inconvénient. Mais on avait pris notre mal en patience, même n'ayant pas de véhicule, vous voyez, on n'avait pas de voiture. Tous les jours, on allait à la Casa, l'après-midi, on n'y allait pas le matin. NB : Vous aviez un atelier ? PG : Oui, il y avait un atelier. On avait un atelier. LG : Mais comme on vivait dans un appartement, on n'y était pas souvent. PG : Et on avait un appartement à côté du métro Arguelles. C'était très bien. Madame Chevalier. C'est elle qui nous a trouvé l'appartement, sans qu'on lui demande. Et alors, tous les après-midi, on y allait, on emmenait Rachel avec nous. Et la fin d'après-midi, il y avait deux fois par semaine, il y avait des cours d'espagnol, c'était impeccable. LG : Parce que mon mari ne connaissait pas le mot d'espagnol. C'est pour ça que c'est beaucoup moi qui ai parlé. NB : Ah, c'est pour ça que vous dites « nous » sur les projets ? LG : Oui. PG : Tenez, ce que j'ai trouvé, c'est extraordinaire, c'est qu'après… LG : C'est-à-dire que nous avons presque toujours travaillé ensemble. PG : C'est ça. C'est Miguel Delibes, qui a écrit "son année, 67", je ne sais plus. Tenez, il parle de Bercianos. Mais c'est après qu'on a vu, qu'on a trouvé ça. NB : Ah ! "mi proyecto de excursión a Bercianos". C'est quelle année, ça ? 70 ? PG : Oui, c'est ça. NB : Oui, oui, oui. PG : C'était juste avant. NB : On va prendre une photo. PG : Oui, je voulais vous envoyer la photophopie, puis... Bon, on n'a pas eu le temps de… NB : On va prendre une photo de ça. Oui, donc ça intéressait aussi les Espagnols. PG : Exactement. Et ce qu'ils ont dit est très… LG : Notre livre aussi, il y a la photo de Bercianos. PG : Oui, ça c'est... LG : Oui, mais quand même, c'est intéressant, parce qu'il est vieux. Il est tellement ancien. LG : Voilà Bercianos... PG : Et là, ces choses, c'est… NB : cette année. Oui. 78. LG : Ça a été après. NB : Oui. Ah non, 72. LG : Ah oui, 72. C'était avant. Oui, c'était ça. C'était juste l'année… NB : 72. LG : C'était l'année. C'était ça. Et là, il y a un tas de choses. NB : Ah oui. LG : Voilà. NB : Oui. LG : C'est là qu'on avait connu… NB : Oui. LG : Ça nous avait frappé. NB : Oui. LG : Ça nous avait frappé. NB : Ah oui, Madrid… Oui, donc il y a tout un courant en fait, tout un intérêt pour ces ... LG : Tout à fait NB : pour ces réalités-là, que ce soit touristique, médiatique, intellectuelle… LG : Et puis, il y a une fête aussi forte. C'est comme un niveau… C'est très fort. C'est un niveau très très fort. NB : Oui. LG : C'est magnifique. C'est magnifique. ... Ce sont les jeunes qui sont en blanc. Et puis après les anciens qui avaient des capes noirs, capes marrons. Avec de la laine de pays. C'était très fort. Cette montée, c'était… PG : C'est Feraud. Il y a une photo. Il a mis une photo à l'avant, et là le deuxième NB : Ah ! tu prends la... Ah mais je connais ce livre, je l'ai, ce livre je l'ai lu et relu. Ça a été un des premiers ouvrages (tu prends la page) ça a été un des premiers ouvrages... PG : oui c'est le premier ouvrage qui est paru en librairie. Alors il y a le papier là, et puis il y a une photo qu'il a mise, mais ils l'ont mise à l'envers en plus. C'est là NB : c'est un photogramme PG : oui, non c'est une photo que j'ai fournie mais elle était dans l'autre sens. J'ai été surpris en voyant la photo c'est tout NB : 1974, je l'ai ce livre là. C'est un livre vraiment qui a fait date, très novateur ça LG : c'est très, très intéressant, une fête comme ça, très ancienne, dans ce coin qui était absolument perdu et d'une classe, pareil, avec la même rigidité qu'en temps. C'est ce qui nous intéresse PG : et moi j'étais, je suis malheureux, parce que ce village, pour ainsi dire, je ne le connais pas assez, je n'ai même pas marché LG : tu as eu le temps en 10 jours quand même PG : c'est vrai, j'aurais voulu... d'ailleurs c'était, avec Laure chaque fois c'était ça, on pensait si on retourne en Espagne après la Casa on pensait on ira, quand on retourne en Espagne, on ira à Bercianos NB : et vous y êtes retourné quand même PG : c'était touchant vous voyez, je ne cache pas c'est le point... LG : 10 ans après, il a revu, la boulangère. D'ailleurs on était, je me rappelle, dans le village, quand on a revu la boulangère, tu te rappelles, à ce moment-l on se promenait dans le village. C'était même l'hiver, c'était très froid, et là il y a un petit pont, un pont très ancien et puis elles étaient sur le bord PG : non, mais c'est on arrive en voiture, elle ouvre la portière, elle descend, "Laura" LG : 10 ans après NB : mais elle vous a raconté, Mercedes, que quand ils sont arrivés dans le village en fait il n'y avait personne, c'était en plein hiver et tout à coup il y a une femme qui est là. Alors ils arrêtent la voiture, ils ne savaient pas trop ce qu'ils cherchaient, et ils disent ben voilà on est là parce qu'on a entendu parler d'un film tourné par des français parce que... elle dit "ah, mais ma mère c'est la boulangère" et donc ils sont allés la voir... c'était quand même assez improbable de tomber sur elle PG : c'est vrai. La seule chose qui nous a déçus la dernière fois c'est que, ça a dû continuer, ils commençaient à construire des maisons LG : et pas dans le style PG : et ça c'est... LG : automatiquement. Ca démolissait, ils démolissaient les endroits qui étaient très... PG : c'est normal, mais ça gâche tout parce que là c'était... les choses de serrure. D'ailleurs dans le film il y a, parce que c'est frappant, il y a pour la serrure il y a toujours un crucifix qui est découpé avec le métal qui entoure la serrure NB : et pour le film vous aviez fait des recherches préalables ou en bibliothèque ou en... PG : non NB : vous êtes... PG : non NB : il n'y a pas de scénario LG : il n'y a pas de scénario, c'était l'habitude. Donc j'étais habituée à la recherche oui c'est mon métier automatiquement et en plus j'avais fait sociologie NB : oui, donc... LG : j'étais habituée PG : si vous voulez... LG : et puis une passion un peu, une passion sociologique PG : comme c'était la première fois que je tournais une chose dans la réalité. Bon, Pascal c'était avec des actualités et les plans qu'on a tournés c'est des plans de Port royal des choses, des natures mortes. Si j'ai pris des gens dans la rue c'est... bon c'est pas... Là c'était la première fois que je tournais un film avec la matière humaine, avec les gens, et j'aurais aimé les connaître plus, pour voir. Et je me demande à certains points on aurait peut-être perdu... non mais je regrette parce qu'il y a des choses que j'aurais aimé aller plus profond LG : on resté après. Après la fête on a continué avec eux. T'as continué à filmer la suite, la suite de la fête NB : et vous logiez où ? PG : je logeais à... chose LG : c'était d'un froid, très froid. C'était un endroit il y avait de la glace, il n'y avait même pas d'eau, c'était totalement glacé. On avait notre petite fille qui avait un an, quelque chose comme ça. On lui avait mis tellement de couverture, il faisait un froid, il n'y avait pas d'eau, il n'y avait même pas d'eau. Il y avait de l'électricité PG : il y avait de l'électricité. Mais une fois l'eau était gelée on ne pouvait pas se laver le matin c'était le village avant... mais c'est pas loin de la frontière du Portugal LG : c'était un hôtel NB : et vous avez pris des photos ? PG : non NB : non PG : non, là c'est... je ne peux pas prendre des photos et faire de choses. Le problème il est là, c'est vrai que je n'ai pas pris de photos. Je regrette de ne pas connaître réellement ce village, de m'être baladé. Je me suis baladé en pensant à quelque chose... LG : ce qui était intéressant, c'était quand le village allait à côté, au marché à côté PG : ah oui, il y avait le marché à côté LG : je ne sais plus comment ça s'appelait. Ils allaient le matin, on est allé voir, ils allaient vendre des bœufs, ça a été filmé ça. ça a été filmé. Le marché qui touchait vraiment la frontière du Portugal, ça touche le Portugal. il y avait... c'était très, très en retard, très arriéré. Ce marché, c'était typique NB : et le lien avec la Casa ? parce que vous y alliez, enfin en vivant à l'extérieur vous y alliez tous les jours. Il y avait une sociabilité, il y avait... Comment c'était la vie à la Casa ? PG : alors il y avait une chose déjà. Avec un autre qui s'appelle... je ne vais pas retrouver son nom, qui était architecte LG : oui on était amis avec 4 ou 5, des grands amis qui étaient peintres PG : non mais... NB : ça c'est facile à retrouver LG : je ne me rappelle plus les noms NB : si on a l'année LG : on vous le dira tout de suite, cinq ou six PG : son prénom, c'était de la révolution française parce que ses parents étaient de la CNTFAI. c'était... comment il s'appelait LG : cinq amis PG : l'architecte LG : et le dernier avec qui on est resté si longtemps PG : non mais celui NB : je devrais pouvoir retrouver les noms de la promotion. Par contre je n'ai plus de batterie LG : on vous dira tout de suite les cinq ou six noms PG : parce que sinon c'est vite fait LG : on va vous les donner NB : donc, alors. Moi je vais peut-être vous les donner plus vite. Alors moi j'ai pour 72-73 : Guy Lemault LG : Lemault, on connaissait bien Lemault, mais il est resté plus longtemps, lui, Lemault. Mais il n'était pas du tout à la Casa. Il est totalement, il a vécu en dehors tout le temps de la Casa PG : Lemault LG : Lemault, il n'était pas du tout dans la Casa NB : après j'ai Michel Houssin PG : Houssin... LG : Houssin on l'a bien connu PG : oui bon, sans plus, on ne l'a pas connu tellement NB : après Michèle Foison-Cassier compositrice LG : connais pas NB : Milagros Esteve Riera, boursière de la ville de Valence LG : c'est 73, c'est pas 72 NB : ok, alors 73, Annie Warnier LG : oui, on l'a bien connu, bien connu PG : on la connaissait très bien, on l'a revu même à Paris LG : on a continué à la fréquenter NB : Jean-Claude Reverdy LG : on était très amis et sa femme était très célèbre au niveau musical c'est un grand musicien NB : Germinal Rebul PG : oui c'est Germinal LG : Germinal Rebul, l'architecte PG : il était avec moi, on était... NB : je vais brancher mon ordinateur PG : vous voulez du courant NB : oui mais je vois qu'il y a une prise là-bas PG : là-bas oui tenez NB : dans mon sac à dos j'ai l'embout. Oui donc Germinal Rebul, oui Germinal, c'est un prénom... PG : Germinal, on a connu sa maman, c'était des gens, à l'époque ils étaient... LG : à Barcelone, des catalans NB : oui, et donc du coup vous les fréquentiez PG : Germinal et moi on était délégués NB : ah PG : il y avait des délégués, je sais pas si ça existe toujours NB : c'est intéressant ça, ah bah si si ça existe toujours PG : vous prenez la... NB : donc vous étiez délégués PG : oui c'est nous qui avons... on a coincé toute la promo je dirais à la fin de la deuxième année, avant la fin de la deuxième année, parce qu'il y avait une troisième année, une seule troisième année et on a fait que personne n'a demandé la troisième année. Parce que tout de suite il y avait des gens, c'était normal, une troisième année rêvée LG : c'est tout ce qui allait faire la ... PG : oui alors on a dit il y a deux possibilités : soit vous créez une autre bourse, carrément, en première année, il y aura la seconde année et tout, soit vous partagez entre tous. Non, c'était surtout ça, vous créez une autre bourse. Ce n'est pas normal de... NB : oui, de mettre en concurrence tout le monde. PG : En plus, c'est quand même la chose rêvée, c'est extraordinaire, on a ça... Alors, pour l'état d'esprit, les motivations des gens ne sont pas les mêmes. Donc automatiquement, il y a des choses qui peuvent se créer, mais je veux dire il y a des choses qui restent superficielles. NB : Il y avait déjà la piscine ? PG : Il y avait déjà la piscine, oui. NB : Et les ateliers du jardin en bas. PG : Et les ateliers du jardin. Piscine, alors ça, c'est encore une autre. Je ne sais pas si ça vous... Excusez-moi, mais dites quand je dois m'arrêter. Vous n'enregistrez plus, là. Non, mais ce n'est pas grave. NB : Je peux arrêter, oui. PG : Ah si, vous en... Non, non, mais vous pouvez enregistrer, ça, je veux dire. À la fin de la première année, au mois de juillet, il y avait l'exposition des peintres, et il y a un peintre, Jacques Danville, je le cite, on n'est pas... LG : Mais qu'on a continué. NB : Oui, son tableau, la piscine. PG : La piscine. NB : Oui, oui, oui. PG : Toute l'histoire qu'il y a eu. Et vous n'avez pas lu ? En bas, c'est écrit à l'envers. NB : Oui, oui. PG : Et il s'avère que les gens ne sont pas des idiots. Moi, en français, je l'aurais fait, mais une femme espagnole l'a fait. Et c'était juste au moment où il y avait eu l'histoire d'un anarchiste espagnol qui avait été exécuté. NB : Puig i Antich. PG : Puig i Antich. Et il avait mis : honte à l'Espagne. Il a été convoqué Puerta del Sol par la police. NB : Oui. PG : Moi, je lui dis, écoute, on est en Espagne. Alors, si tu n'y vois pas d'inconvénients, je t'accompagne. Je reste en dehors de tout, je t'accompagne. Parce que si tu ne ressors pas... Non, là, c'était du cinéma de dire ça. Mais quand même, pour savoir... Bon, il a été convoqué, il a été... Alors, on lui a dit qu'il ne fallait pas faire ça, ceci et cela, et il a interdit... NB : Mais vous l'avez accompagné. PG : Oui, je l'ai accompagné, mais juste j'attendais dehors. Et il n'a pas pu remettre les pieds en Espagne du temps du franquisme. Il ne pouvait pas y aller. Il était persona non grata, quoi. NB : Et l'ambiance de l'exposition de fin d'année, du coup, c'était... Parce qu'il y avait des... PG : Il y avait beaucoup de gens de Madrid. NB : Il y avait quel genre de personnes ? PG : Oh, des gens... Nous, on avait rencontré... NB : Il y avait du monde ? PG : Il y avait des gens. Je dirais... Bon, ce n'était pas la ruée vers l'or. On avait rencontré la personne qu'on connaissait, la directrice du musée d'art et traditions populaires qui était passée. C'était elle qui nous a dit, vous savez, je vous dis, votre fille, surveillez-la, parce qu'elle va de table en table, fini les verres. LG : Les verres de Champagne. NB : Et l'exposition, c'était dans la galerie ? PG : Dans la galerie, oui. Il y avait, dès l'entrée... Moi, j'avais droit à l'entrée, juste là, bon, le cinéaste. Et puis après, l'exposition, c'était dans la galerie. LG : Mais je ne sais pas si c'était pour le 1er de l'an qu'il y avait le comte... Enfin, il y avait tous les nobles espagnols qui venaient. NB : Ah oui ? PG : Hein ? LG : C'était au moment du 1er de l'an que la famille royale venait. C'était au moment du 1er de l'an. Il fallait s'habiller en robe, il fallait se mettre des robes. NB : C'était une réception ? LG : Oui, une grande réception. Une très grande réception. Il y avait les membres de la famille royale. NB : Oui. PG : Dans les rapports entre les gens... Entre les... Nous, on avait sympathisé avec un... On avait sympathisé avec un... Comment dire ? Un grammairien qui est arrivé la 2e... Nous, en 75... 74, il est arrivé. C'était Michel Launay. NB : Ah oui, oui, oui, un linguiste. PG : C'était un garçon. On avait très bien sympathisé avec lui. LG : On l'a fréquenté après à Paris. PG : Et on l'avait suivi. D'ailleurs, on avait assisté à... Je ne sais pas si c'était quand il avait soutenu sa thèse. Il était... Puis après, on s'est perdu de vue. Une fois, je l'ai vu quand il y avait eu une exposition à l'Académie à Paris. Puis on ne s'est plus revu. NB : Et il y avait déjà l'exposition à Paris ? PG : Oui. NB : Au Pavillon Comtesse de Caen ? À l'Institut ? PG : À l'Institut, oui. NB : Sur la droite ? PG : Oui, c'était sur la droite. Tous les ans. NB : Ça existe encore PG : C'était pas mal. C'était bien. Après, quand c'est allé rue de la Verrerie, c'est ça. À côté de la rue de la Verrerie. Le prolongement de la rue de la Verrerie, là. NB : Je ne sais pas. Moi, je... Enfin, aujourd'hui, c'est Pavillon Comtesse de Caen. C'est sur les quais, rue de Conti. PG : Ah oui. Non, c'est... À un moment, ça a été... Dans un lieu sur les... À côté des Champs-Élysées. Je ne sais plus quel lieu. Et puis après, c'était à côté de... dans le Marais. C'était bien quand c'était dans le Marais. C'était passé sur... Mais.. Les anciens, c'est très curieux. Nous, on avait gardé des relations avec Danville. NB : Oui. Alors là, je vois aussi dans la promotion, la promotion 73-74, Émile-Philippe Magodou. Non ? Luc Lelon. PG : Luc Lelon, oui, non. Il est venu la deuxième... NB : boursier de la Ville de Paris PG : La deuxième année, non. Je ne sais pas. NB : Michel Herbin. PG : Herbin, alors voilà. Michel Herbin, c'était un poème. Il peignait à ce qu'il voyait de sa fenêtre, c'était tout ça. On se demandait s'il allait... S'il sortait de sa chambre. Et s'il allait... Parce que la chose, en définitive... Moi, je me suis toujours posé la question. On est en Espagne, mais est-ce qu'ils savent ce que c'est que l'Espagne ? Est-ce qu'ils vont en Espagne ? Est-ce qu'ils sortent de la Casa pour aller... Parce que, bon, la Casa, c'était bien, nourri, logé. Alors, peut-être qu'ils allaient à Madrid. Ils allaient dans des boîtes à Madrid, peut-être. Mais je n'en ai pas beaucoup rencontré faisant des choses. Oh, on a vu telle chose, on est allé... Peut-être, je ne sais pas. NB : Oui, oui, oui. PG : J'avoue, j'étais un peu...