LG : Écoute, en 73, ne pas oublier que tu n'arrivais pas à rentrer à la Casa de Velázquez parce que tu faisais des films avec Marc Feraud. Donc tu travaillais. PG : Mais non LG : il était en plein travail, il pouvait même pas PG : en 73 j'apprends la connaissance de la Casa de Velázquez, je pose ma candidature, je me dépose tout. En septembre 73 je fais un film avec Marc Feraud pour Pâthé Cinéma qui s'appelle 14-18, transformation de la guerre avec Marc Feraud. On avait fait des petits films. On faisait un autre film et à ce moment là je reçois le fait que je suis accepté pour la Casa de Velázquez. On fait nos bagages et on part... LG : il avait plein de films à faire avec Marc PG : J'aurais du faire la montée du nazisme aussi mais comme je partais à la Casa de Velázquez je pouvais pas faire. De toute façon il trouvait des gens qui faisaient des films LG : Le film de 14-18, il est encore célèbre PG : c'est comme ça que je suis arrivé à la Casa de Velázquez NB : Donc il n'y avait pas d'audition. Il n'y avait pas d'audition devant les académiciens ? PG : Si vous voulez, la chose dite par M. Chevalier : vous travaillerez avec un ethnologue qui s'appelle Jacques Lacroix vous ferez un film sur la fête à Séville, la grande... NB : la feria PG : non la fête à l'extérieur, la grande fête délirante. Et puis voilà vous avez 10 000 euros en plus NB : donc pas la semaine sainte PG : non. C'était... comment s'appelle cette fête ? NB : le Rosillo ? PG : El Rosillo, c'est ça, la fête de la Vierge. NB : Donc c'était une commande PG : c'était une commande, et puis c'était une direction. En disant vous travaillez avec un ethnologue et vous avez une caméra pour tourner. Voilà, point final. NB : donc du coup vous n'avez pas candidaté avec un projet personnel PG : non NB : c'était... PG : j'étais vierge de tout projet personnel. Non mais c'est, c'est très important parce que j'y ai réfléchi après. Est-ce que c'est bon ou est-ce que c'est pas bon ? c'est tout. J'ai pas encore trouvé de réponse. Pour moi c'était pas mauvais parce que si vous voulez en chose. Je me posais des questions pour savoir par rapport à la suite, par rapport à faire au niveau de cinéma. J'ai été estomaqué, croyez-moi, parce que j'ai repris tous les documents, tout ce que j'avais pu mettre sur le papier. C'est pour ça que le texte n'est pas mauvais, parce que j'avais tout écrit. LG : Je vais te couper, parce que tu oublies l'époque que nous avons vécue, puisque je l'ai vécue. C'est 69, 70, 71, pendant 4 ans, on a animé le théâtre de l'Est parisien au niveau cinéma. Avec tous les réalisateurs et tout, et on animait tous les grands films passés au théâtre de l'Est parisien. PG : Oui, mais ça, c'était pas le cinéma. LG : Mais c'était que des grands films. Avec un tas de critiques qui venaient, les plus grands critiques venaient, et on animait le théâtre de l'Est parisien pendant 4 ans. PG : C'est une chose parallèle. Ça n'a pas eu d'influence sur le fait d'aller à la Casa. LG : Non, je parle au niveau du cinéma. NB : Oui, de la connaissance, en fait, LG : du cinéma. Oui, je crois qu'il en avait déjà une grande, mais encore plus. NB : Oui, parce que je me posais la question de la source. Parce que c'est vrai, quand on voit le film sur Barcianos, on pense à Bunuel, et on se posait la question de savoir, mais ça a été bien répondu. Vous aviez vu le film, et en fait, par rapport à ce que vous dites, il y avait une grande culture cinématographique. LG : Tout à fait. PG : oui NB : Et ça se sent. PG : Il n'y a pas de problème, ça. LG : Très grande culture cinématographique mon mari. Et moi, je l'avais depuis ma jeunesse, parce que c'était à Albi. Mon grand-père avait été s'occuper des choses de cinéma, des impôts. PG : Il travaillait dans les impôts. LG : Et on avait le cinéma gratuit. Alors, je peux dire que toutes les années 50, on allait au cinéma le jeudi après-midi et le dimanche après-midi. Tous les jeudis et tous les dimanches après-midi. Donc, une gamine. Toutes les années 50, tous les films qui sortaient, qui étaient intéressants, on allait les voir aux grandes allées. Les meilleurs films. Pendant 10 ans, ça a duré. Donc, j'ai toute la connaissance des meilleurs films des années 50. Mes grands-parents connaissaient bien le cinéma. Et j'allais les voir toutes les semaines. Donc, après, quand je suis allée à Toulouse, c'est à côté c'est là que j'ai connu Buñuel, tout ça. Oui, donc ça, c'était vraiment... Et puis après, j'ai travaillé au Journal Express et j'ai travaillé dans la critique. Critique cinéma. Alors, je voyais tous les tas de films. Tout un tas de gens. Resnais. Voilà. J'étais dans le cinéma aussi. Voilà. NB : Donc, vous arrivez à la Casa et on vous dit qu'il faut travailler avec un ethnologue. Il faut travailler sur... Alors, du coup... PG : Ben, du coup, j'en rencontre l'ethnologue qui est bien gentil. Bon, c'est pas... J'allais dire, j'allais pas sauter dans ses bras. Lui non plus n'allait pas sauter dans mes bras. Surtout qu'en plus, il était fixe à Séville. Et nous, théoriquement, on devait habiter Madrid. Si on était partis sans autorisation, ça aussi, c'était... Alors... On s'est dit, bon... Alors, tout de suite, on parlait de chefs de production et tout. Alors, pourquoi pas les Espagnols ? Alors, Lacroix était tout à fait... Il avait entièrement raison. Il faut pas trop mêler les chefs de production et avoir des chefs espagnols. Alors, ça voulait dire ce que ça voulait dire. Fallait quand même être libre. Alors, on a quand même discuté. Nous, on est descendus assez rapidement à Séville. Parce que j'ai dit, il n'y a pas le Rocillo. Mais les lieux existent. Un décor, c'est déjà... C'est... Alors, on est allés à Séville. On a retrouvé Lacroix. Il nous a conduit sur les lieux. On a vu les lieux, les villages et tout. Et puis, bon... Ce qu'on disait de ce Rocillo et des lieux... Moi, j'étais pas chaud. LG : C'était trop gros et pourtant. Et ce n'était pas ce qu'il fallait faire si rapidement comme ça. PG : J'étais pas chaud. Et puis, en plus... A priori, quand on veut faire quelque chose, il faut essayer de voir avant ce qui a été fait. Et puis, en même temps, voir les lieux et voir la fête elle-même. Si on voit une fête... Une semaine sainte... bon, c'est normal. On a tous vu des semaines saintes. A priori, à notre époque. Donc, on sait un peu ce qui va se passer. On sait ce qui va se passer. C'est tout. LG : Et puis, faire une semaine sainte, ce qui était important, c'est faire la sociologie en même temps. Là, c'était trop grandiose NB : du coup, vous n'avez pas travaillé avec cet ethnologue. PG : non. On a une confirmation. À la Pentecôte, je fais un grand saut. À la Pentecôte, on descend. Laure et Rachel, qui suit toujours. Et on loue une voiture. Parce qu'on n'avait pas de voiture la première année. Et on va à Rocillo. Oh là là ! Quand on a vu ça, j'ai dit, il n'est pas question. Moi, je ferais quelque chose de Rocillo. Parce que c'est tout un univers, c'est tout un chose. On peut faire, je ne sais pas, une centaine de films différents. On ne peut pas. Lui, il avait dit ça, je crois, parce que l'année... Chevalier, parce qu'il avait été en relation avec les gens qui s'occupaient du Rocillo. Vous savez, aux têtes, les gens se disent, ah ben oui, on aura un cinéaste qui fera. Alors tout de suite, après, c'est tombé à l'eau. Personnellement, pour une semaine sainte, je disais quelque chose de simple. NB : Du coup, c'est vous qui avez décidé d'aller du côté plutôt de la semaine sainte ? Ou c'est Chevalier ? LG : Non, c'est nous. PG : c'est nous. NB : Donc il vous a laissé... PG : Nous avons décidé. On a enquêté autour de nous par les gens qu'on commençait à connaître en Espagne. Il y avait quand même un certain nombre de personnes qu'on a connues. Et puis... Il y avait un gars qui était venu des États-Unis, qui logeait à la Casa, qui faisait des recherches et tout. Il était avec sa femme et tout. Lui aussi nous avait parlé. Et puis la directrice du Musée des Arts et Traditions Populaires, parce qu'il y avait quelque chose de simple et tout. Et puis, il y a la collection... NB : Non, mais quel musée ? Il n'existe plus, je crois. LG : Le Musée des Arts et Traditions Populaires, il existe toujours. NB : Il n'y en a pas, il n'y en a plus. Il y a le Museo del Traje, aujourd'hui. PG : Et puis la collection faite par la culture et le tourisme. Il y a toute une collection. Il y avait, par mois, de toutes les fêtes populaires en Espagne. NB : Du tourisme espagnol ? PG : Ça n'existe plus, ça. Et il y avait des tas de choses. Et entre autres, ils parlaient de la Semaine Sainte à Bercianos. NB : D'accord. C'est comme ça que vous avez... PG : C'est comme ça qu'on a décidé. C'était très... LG : Et puis un endroit où on puisse faire une étude du lieu et de la vie du temps du franquisme. PG : C'est quelque chose de très... LG : Pour voir la vie des Espagnols. NB : Parce qu'en fait, le sujet de la Semaine Sainte était un peu un prétexte pour faire LG : une enquête sociologique. NB : Comme Las Hurdes LG : sociologique. PG : Et c'est comme ça qu'on est allé sans... Alors évidemment, ça s'est décidé relativement parce que le temps avance. La Semaine Sainte, il fallait... c'est Pâques. Donc, il fallait que... Je ne sais plus à quel... C'était en mars, je crois, à l'époque. Il fallait être prêt. Alors, c'est là où j'ai dit bon, on est en Espagne. Il y a une école de cinéma en Espagne qui est réputée. Par téléphone de l'IDHEC, il m'avait dit on a de bonnes relations avec cette école. Le directeur est très sympathique. On m'avait donné son nom. J'étais allé rencontrer le directeur de cette école qui était très sympathique. Il m'a très bien accueilli. La première chose qu'il a... Il a tiqué quand j'ai dit on va tourner, je fais un projet à Bercianos de Aliste. "Ah, l'España negra". Pourquoi vous ne faites pas celle de, je ne sais plus, là où il était allé avec... Lui, il était allé avec un réalisateur. Quand il avait fait son école de cinéma, j'ai dit c'est là, c'est comme ça. J'ai senti que... je comptais pouvoir tirer l'infrastructure de l'école. La seule chose que j'ai pu avoir, il ne pouvait pas d'ailleurs m'empêcher, c'est qu'il m'a donné des noms d'élèves. Parce que seul, je suis incapable de partir avec une caméra et de tourner un film. Je n'ai pas appris. Maintenant, on a appris, on sait tourner des films. LG : C'était les caméras d'époque. C'était des enjeux. NB : C'était quoi, du 16 mm ? PG : Pardon ? NB : 16 mm. PG : Du 16 mm, c'était. Alors, 16 mm, parce que là, on est dinosaures. Parce que maintenant, avec une chose comme ça, vous faites un film. Tout le monde fait avec ça et j'ai fait un film. J'ai vu des choses, excusez-moi, j'ouvre une parenthèse, une fois projeté, comment dire, à la maison des sciences de l'homme, à la succursale et tout, une jeune femme, qui était très gentille, qui avait tourné, je ne sais pas où, dans quel pays, en Afrique ou quoi, qui avait tourné un film. Non, je regrette, il y a des choses. On tourne de la pellicule, mais ce n'est pas forcément un film. LG : En fait, tu étais passionné de pellicule. PG : Maintenant, il n'y a plus de pellicule. Je veux dire, nous, avec nos moyens, il y avait deux élèves qui étaient très sympathiques. Avec nos moyens, on a pu tourner pour un film de 50 minutes, on a tourné, je ne sais plus, je pourrais ressortir les éléments, on a tourné deux heures de film. Parce que oui, Monsieur Chevalier m'avait dit comme le cinéma ça implique des moyens financiers, il est évident qu'on rajoute quelque chose mais pour le film qui n'est pas de votre... NB : Bourse. PG : Ce qu'on vous donne à vous. NB : La bourse, oui. PG : La bourse. Alors, c'était 10 000 francs la première année. Mais malheureusement, la première année, vous avez paré, vous n'avez pas utilisé de l'argent en octobre, novembre, décembre. C'était un peu dur ça. Je n'ai rien dit. Alors comme le mois de juillet, c'était tous les artistes qui exposaient leurs choses, moi je n'avais rien à exposer, si ce n'est que j'ai fait faire des photos, des... cinq photos, de photogrammes, où on voit sur des panneaux qui sont montés sur moi, cet auteur-là, cet agent-là, il y a ça de pellicule, l'image qu'il y a en train... à l'arrêt quoi. On avait fait cinq, et c'était dans l'entrée. Parce que j'ai dit bon, on va voir quand même. Parce qu'il y avait le groupe de Paris qui venait. NB : Des académiciens. PG : Des académiciens qui venaient. Alors j'étais là, j'ai présenté ça. Ah ben oui, on ne peut pas terminer, il n'y a pas... Alors il a été convenu, qu'on me donnait une rallonge pour terminer le film. On avait commencé le montage à Madrid, et en juillet, j'ai tout rapatrié sur Paris. Et j'ai terminé le montage à Paris en septembre, parce que je ne pouvais pas rester en Espagne, et puis en plus on avait à monter pour la première fois. LG : Ce qui était intéressant, c'était quand même le rapport avec les gens. NB : Le tournage, il a duré combien de temps ? PG : Le tournage... Écoutez. On est resté une dizaine de jours. On a tourné sur les dix jours. On a tourné, le dernier jour c'était le lundi. On a tourné du mardi au lundi. LG : Quand même tous les gens ont été interviewés. Ça a été très difficile pour rentrer chez les gens, parce que c'était tellement... Il faut voir dans quelles conditions ils vivaient, comment étaient les intérieurs à l'époque. Le monsieur chez qui on est rentré, avec qui on a appris, qu'on a continué à connaître d'ailleurs, il dormait par terre. Il n'y avait pas de meubles. Il faut voir comment étaient les intérieurs. C'était une pauvreté dans quelles conditions ils vivaient. C'était ce qu'on a montré, ce que j'ai voulu vraiment montrer, les conditions. L'instituteur a été interrogé. Tout le monde a été interrogé sur la vie qu'ils vivaient. Ce qui a été intéressant à faire. C'est de montrer la vie de l'époque. NB : Quand Mercedes est allée, y est retournée, elle a dit qu'il se souvenait très bien des Français. Mais ils lui ont dit qu'il y avait en même temps un tournage de la télévision espagnole. PG : Ça se peut. Si vous voulez, à ce moment-là, je n'étais pas du tout... LG : Parce qu'ils ne tournaient que simplement les moments. Par contre nous, nous ça a été les gens. Ce n'était pas le même genre de film. PG : Il y a des gens qui étaient là... NB : Peut-être qu'ils faisaient un reportage sur... LG : un reportage qu'ils faisaient simplement. Il n'y avait rien d'autre. PG : Il y avait d'autres personnes le jour du Vendredi saint. Parce que ce qui s'est passé cette année-là, le Jeudi saint, il devait y avoir une procession. Et la procession n'a pas lieu. Alors moi, j'étais embêté. Je me suis dit, si ça se trouve, c'est parce qu'il y a une caméra. on m'a certifié que non. Et après coup, quand on est repassé, je reparlais avec le curé qui m'a dit que ce n'était pas du tout. Ils ont décidé de ne pas le faire. Il y a eu une procession seulement le Vendredi saint. Parce que celle du jeudi, de ce que j'ai entendu dire, c'est que les pénitents faisaient le même circuit, le même parcours, mais marchaient pieds nus. Il y avait quand même une bonne trotte. Et c'était un chemin caillouteux. Ce n'était pas un chemin de verdure. Le jeudi, ils étaient chaussés et tout. Et le jeudi, il y avait sûrement, si il y a pu avoir la télévision, mais ils ont filmé. Si vous voulez, les autres jours, ils n'ataient pas là. LG : ce n'était pas important. PG : Et si, j'ai entendu à un moment un type dont je ne me souviens pas le nom, mais qui était un Français et qui tournait aussi. LG : Mais rien que le jour. PG : Mais rien que le jour. C'était un gars très connu parce qu'il avait fait un très bon documentaire sur une petite cuillère à maquillage de l'époque égyptienne. Une petite cuillère comme ça. Et il avait fait tout un court-métrage qui paraît était très bon. Je n'arrive pas à me souvenir son nom. NB : Oui, donc il y avait quand même un intérêt pour cette semaine sainte. PG : Mais ce n'était pas, si vous voulez, les gens n'étaient pas... Il y avait du respect. Parce qu'il y a des fêtes, on en a vu un certain nombre, les gens viennent parce que c'est folklorique. Et moi, je ne voulais pas aussi que ça soit à côté d'une ville. Et là, Samora était loin et Samora, ce n'est pas Madrid. LG : Mais là, il n'y avait pas beaucoup de monde. Les gens qui venaient, c'était des gens de la famille qui revenaient automatiquement. PG : Il y avait quand même quelques étrangers. NB : Est-ce qu'il y a un photographe qui... En 71... Comment il s'appelle... Enfin, un photographe qui ensuite est devenu très connu, qui était très jeune à l'époque, qui a fait toute une série de photographies sur la semaine sainte. Voilà, il venait pour faire... PG : Et c'était cette année-là ? NB : Non, c'était en 71. PG : Et vous me dites qu'il s'est converti après ? NB : Non, après il est devenu un grand photographe. PG : Ah oui, d'accord. Nous, on n'a eu de rapport, je vous dis... LG : Avec le peuple, les gens... C'était ce qui nous intéressait. La vie... J'étais bien reçue. PG : Les gens du village étaient extraordinaires. LG : La vie qu'on a eue avec eux. Les échanges... Le curé... PG : On y est retournés. On a revu celui, et je reviens toujours là-dessus parce que c'était important dans la trajectoire qu'on pouvait se tracer. Celui qui était avec son petit-fils chez lui, la dernière fois qu'on l'a vu, il nous a invité à sa maison. Il a dit, je suis pauvre, mais je vous donne ce que j'ai. Et on voulait savoir, dans le temps, qu'était devenu le petit-fils. Et on l'a su après. Il nous avait donné l'adresse et tout. Quand on est repassé plusieurs années après, le grand-père a donné l'adresse et on est allé voir le petit-fils. Et à ces gens-là, après j'ai appris que le grand-père était mort. Et à ces gens-là, j'ai envoyé un DVD de Bercianos. Ils ont été... Je ne retrouve plus la lettre que j'avais reçue. Ils étaient heureux d'avoir vu ce film. Ils ont dû le montrer à beaucoup de gens. Moi aussi, ce que je voulais faire, c'est, avec une copie, aller là-bas et aller le montrer. Il y a un projecteur et le projeter aux gens du village. C'est une infrastructure qu'il est difficile de mettre en marche. En plus, ce film n'a pas eu son visa de censure. A la censure, comme je vous l'ai écrit, parce qu'on ne disait pas qu'il y avait l'électricité et parce que c'était tourné sans autorisation et que ce n'était pas gentil de montrer ça aux Français. LG : Il faut se rendre compte qu'il faut demander les autorisations pour tourner. C'est difficile d'avoir l'autorisation. PG : L'autorisation, je ne sais pas comment ça s'est passé, parce que quelqu'un qu'on connaissait, un journaliste qu'on a connu à Madrid, c'est les petites histoires, mais c'est les petites histoires qui font. Un jour, il y a quelqu'un qui est à la Casa, qui vient nous rencontrer et qui nous dit « Je suis jésuite, je m'occupe de ceci, de ceci, de cela. Quelqu'un, un prêtre à Madrid qui s'occupe de cinéma, ne voulez-vous pas le rencontrer ? » On dit qu'on veut bien le rencontrer. Et on est allé, je ne sais pas, dans un grand café et tout, et on a rencontré quelqu'un qui est extrêmement célèbre LG : qui s'appelle Antonio Pelayo. PG : On a rencontré Antonio Pelayo. LG : C'est un journaliste de tous les cinémas. PG : Il était curé et journaliste. Il travaillait je ne sais plus ailleurs où, je ne sais plus quoi. Mais c'était un gars qui nous a donné des tas de... LG : C'est lui qui se mettait en rapport souvent avec les maires. PG : Non, C'est lui qui nous avait donné. Il avait donné le nom d'un autre journaliste qui travaillait dans un journal plutôt franquiste lequel nous avait donné une recommandation à l'alcalde de Samora que nous avons rencontré lequel a téléphoné à un village à côté et il y avait la guarda civile. ils nous ont rien demandé. LG : On a pu tourner comme ça. L'année suivante, on va pour tourner à Camuñas. On demande au maire l'autorisation et tout. Il dit « Vous ne pouvez pas tourner. Il n'y a pas d'autorisation. » Il a fallu au dernier moment qu'on téléphone à la Casa pour qu'on ait l'autorisation de tourner un film sur la fête de Camuñas. LG : Il a fallu que tu rencontres l'évêque de Tolède. Il a fallu rencontrer l'évêque de Tolède pour avoir des autorisations pour Camuñas. NB : Alors Camuñas, il n'y a qu'une version. Mais non, on va finir sur Bercianos. Bercianos, du coup, n'a pas été projeté en Espagne puisqu'il n'y a pas eu le visa de la censure. PG : Il a été projeté une fois par le... Comment ça s'appelle ? Il y a une fois j'ai fait une projection mais ce n'était pas celle-là. C'était privé. Le Camuñas a été projeté à l'Institut français. NB : Bercianos. PG : Bercianos. Bercianos, oui. Et c'est là que le gars de l'Institut français avait fait une demande pour la censure. Et quand Chevalier a su ça, il m'a dit mais il ne fallait pas... C'était l'année suivante. Nous, on résidait à Barcelone. Il m'a dit au téléphone mais il fallait nous le dire à nous. On a des gens qu'on connaît à la censure. Ah bon. Ce n'était pas comme ça. Il n'y a pas eu de censure. Il n'a pas été projeté à la télévision espagnole. NB : Et il a été projeté en France ? PG : En France, non. Après, ça a été le bince complet. NB : Parce que nous, on a une copie à la Casa. PG : De Bercianos. Vous avez une copie NB : Elle a viré. Ça a viré. Mais on va peut-être essayer de trouver à la restaurer. PG : La Casa, si vous voulez, un jour, on me dit on va acheter un projecteur 16 mm puisque vous tournez en 16 mm. J'ai dit c'est gentil mais moi je n'y connais rien du tout. Je me suis informé et j'avais fait acheter un projecteur double bande. Parce qu'à la télévision, ils faisaient des films en 16 mm quand ce n'était pas de la vidéo. C'était double bande, c'est-à-dire image et son. Le son étant magnétique est meilleur que le son optique du 16 mm. C'est pour ça qu'il y avait des doubles bandes. Le problème, quand on fait acheter du matériel, c'est bien beau mais si personne n'est responsable, le matériel NB : se détraque